Un système satisfaisant pour tous
Les patrons apprécient également le système, alors qu'il semble, a priori, plus contraignant pour eux. José Antônio Fernandes, Président de la société rurale du Noroeste Parana, région où est implantée une coopérative équitable explique : " Le prix du panier d'oranges est bas. Sans les mécanismes du commerce équitable, et si les agriculteurs voulaient payer plus et assurer un meilleur encadrement des ouvriers, l'activité ne serait pas rentable. Il n'y aurait donc même pas d'activité. "
Pour lui et les propriétaires locaux, le commerce équitable permet d'enclencher un cercle vertueux de vitalité économique : " Nous connaissons à l'avance les prix planchers et savons donc où nous mettons les pieds. Les conditions de travail sont meilleures. Par rapport à d'autres activités agricoles de la région, nous recrutons plus facilement, l'absentéisme est très bas. Je pense qu'il faut aussi reconnaître que grâce à un suivi médical régulier, nos ouvriers ont une meilleure productivité. Enfin, le commerce équitable nous éduque tous, en nous incitant à mieux nous préoccuper de l'environnement. C'est nouveau pour nous et pourtant tellement important pour l'avenir de nos terres". Les cueilleurs d'oranges sont fiers de bénéficier de telles retombées grâce à leur travail. Sydney Rodriguez da Silva, 36 ans et responsable d'équipe, explique : " On travaille dur dans les plantations, de l'aube jusqu'à la nuit tombante. Sentir qu'il y a un retour plus juste de l'effort c'est motivant pour nous, mais aussi pour nos proches. Sans ce système, nombre de familles ici seraient déjà parties en ville pour chercher du travail. Et la favela, c'est bien le dernier endroit où je souhaite voir grandir mon fils. "
Sources : Novethic