" Quand vous achetez nos jus d'orange en Europe, vous nous donnez les moyens de réparer les injustices sociales que le système économique brésilien n'est pas capable de corriger de lui-même, et que vous ne soupçonnez même pas" explique Elza Grade, chargée des programmes sociaux dédiés aux ouvriers agricoles cueillant des oranges équitables dans la région de Paranavai, près de Sao Paulo.
Dans les plantations brésiliennes les problèmes sont toujours les mêmes : les ouvriers travaillent "au noir", sans protection et n'ont pas les moyens de consulter un médecin. Ils gagnent des salaires de misère (100 euros par mois) bien en dessous de ce qui est nécessaire pour survivre. Les avancées permises par le commerce équitable s'illustrent concrètement sur le terrain. Chaque tonne de jus écoulée en Europe sous le label Max Havelaar permet de verser 100 euros dans un fonds qui permet de garantir aux ouvriers agricoles des conditions de travail et de rémunération décentes et finance des actions sociales. Un directoire, rassemblant des délégués syndicaux, des propriétaires terriens et les dirigeants des pressoirs de jus d'orange, veille au respect des engagements nécessaires à la certification FLO (Fairtrade Labelling Organization) et décide de l'allocation des fonds sociaux. Sucos Justos est un modèle, et les autres coopératives brésiliennes du jus d'orange s'en inspirent pour se développer. Chaque cueilleur de la communauté possède un contrat dispose d'une assurance santé, cotise pour sa retraite, gagne un salaire minimum correct. Les programmes éducatifs permettent également aux ouvriers agricoles d'envisager plus sereinement l'avenir : faire de l'artisanat (tricot, vannerie), se mettre à leur compte, développer les revenus du foyer. (Suite)